Le compte rendu d’activité déclare des journées vendues, pas des heures de présence. La nuance paraît de style, elle ne l’est pas pour un indépendant. Un relevé d’heures quotidien, avec des horaires d’arrivée et de départ imposés, décrit une organisation du travail dictée par le client. C’est exactement l’un des indices que le juge examine quand une relation commerciale est contestée et qu’une requalification en contrat de travail est demandée.
Un document qui compte des journées et des demi-journées, sans horaire, ne dit rien de tel. Il constate un volume livré sur un mois, ce qui est la définition même d’une prestation en régie. C’est la même distinction que le compte rendu en société de conseil pose entre la justification d’une facture et le contrôle du temps de travail d’un salarié, et elle vaut encore davantage quand il n’y a pas de contrat de travail à protéger.
Ce que le document prouve, en revanche, il le prouve bien. Le nombre de journées effectuées, leur répartition dans le mois, les jours où vous n’étiez pas là et pourquoi. Signé par le client, il devient une pièce opposable, et une signature tracée à l’écran y suffit. Elle survit au départ de votre interlocuteur, à la fin de la mission, au changement de direction chez le donneur d’ordre. C’est la raison pour laquelle il se conserve en PDF daté et pas en fil de discussion.