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Le forfait jours et le décompte que la loi impose.

218 jours, un document de contrôle, un entretien annuel. Ce que l’employeur doit tenir pour qu’une convention de forfait tienne. Et pourquoi ce document est un compte rendu d’activité.

9 min de lectureÉcrit par l’équipe ByUsage

Le plafond

218

jours travaillés par an au plus, journée de solidarité comprise.

Au delà, il faut une renonciation écrite à des jours de repos et une majoration de salaire d’au moins 10 %.

Le forfait annuel en jours dispense du décompte horaire. Il ne dispense pas du décompte. C’est la confusion la plus coûteuse du droit du travail français, et elle se paie en rappels d’heures supplémentaires sur trois ans.

Un salarié au forfait jours ne compte pas ses heures. Son employeur, lui, doit compter ses journées, les dater, qualifier ses jours de repos et pouvoir le prouver. Le document qui porte tout cela s’appelle un document de contrôle. Il ressemble trait pour trait à un compte rendu d’activité, et c’est bien de cela qu’il s’agit.

Ce que le forfait jours suppose avant tout

Un accord collectif qui l’autorise. Un forfait en jours ne se décide pas dans un contrat de travail seul. Il faut un accord d’entreprise ou, à défaut, un accord de branche, qui désigne les catégories de salariés concernées, la période de référence, le nombre de jours et les modalités de suivi de la charge. C’est l’un des endroits où la convention collective décide à la place de l’employeur.

Une convention individuelle écrite. L’accord collectif ne suffit pas. Chaque salarié concerné doit avoir accepté par écrit, dans son contrat ou par avenant.

Une autonomie réelle. Le forfait jours vise les cadres qui organisent librement leur emploi du temps et ne suivent pas l’horaire collectif, ainsi que les salariés dont la durée du travail ne peut être prédéterminée. Un salarié dont les horaires sont fixés par son responsable n’est pas autonome, quel que soit son titre.

Les trois obligations qui tiennent le forfait

01

Un document de contrôle

L’employeur établit un document faisant apparaître le nombre et la date des journées ou demi-journées travaillées. Le salarié peut le renseigner lui-même, mais la responsabilité reste celle de l’employeur. C’est un compte rendu d’activité, avec un autre destinataire.

02

Un suivi de la charge de travail

Le forfait ne suspend ni le repos quotidien de onze heures, ni le repos hebdomadaire, ni les congés payés. L’employeur doit s’assurer que la charge reste compatible avec ces repos, et réagir quand le document de contrôle montre qu’elle ne l’est plus.

03

Un entretien annuel

Il porte sur la charge de travail, l’organisation, l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle, et la rémunération. Un entretien sans document de contrôle sous les yeux se tient dans le vide, et se prouve mal.

Ce que le document de contrôle doit montrer

Le code du travail est bref sur son contenu, ce qui laisse une marge. La jurisprudence, elle, regarde toujours les mêmes choses.

  • La date de chaque journée ou demi-journée travaillée.
  • Le nombre total de journées travaillées sur la période.
  • La qualification des jours non travaillés, repos hebdomadaire, congés payés, congés conventionnels ou jours de repos du forfait.
  • Le cumul depuis le début de la période de référence, pour voir venir le plafond.

Une grille mensuelle d’une page, une ligne par jour, une quantité en journée ou en demi-journée et un motif pour chaque jour non travaillé répond à ces quatre points. C’est exactement la structure d’un compte rendu d’activité, au destinataire près.

D’où viennent les jours de repos, et pourquoi ils changent

Le nombre de jours de repos d’un forfait n’est pas une donnée du contrat. C’est un reste, recalculé chaque année. On part des jours ouvrés de l’année, on retire les vingt-cinq jours de congés payés, et l’on compare au plafond du forfait. La différence est le nombre de jours de repos à poser.

2026

Jours ouvrés
252
Congés payés
25
Plafond du forfait
218
Jours de repos
9

Neuf jours fériés tombent en semaine.

2027

Jours ouvrés
254
Congés payés
25
Plafond du forfait
218
Jours de repos
11

Sept seulement, donc deux jours de repos de plus.

Deux jours d’écart d’une année sur l’autre, sans qu’aucun texte n’ait changé. La cause est ailleurs, dans le calendrier. Les jours fériés qui tombent un samedi ou un dimanche sont perdus, et leur nombre varie chaque année. Un accord d’entreprise qui fige le nombre de jours de repos dans son texte se trompe donc une année sur deux.

Sans document de contrôle, la convention de forfait est privée d’effet. Le salarié repasse aux heures, et les rappels remontent sur trois ans.

C’est la sanction constante des tribunaux, et elle ne dépend pas de la bonne foi de l’employeur. Ce n’est pas le dépassement des 218 jours qui se sanctionne le plus souvent, c’est l’absence de suivi. Une entreprise qui ne peut produire aucun décompte se retrouve à devoir prouver l’absence d’heures supplémentaires pour des années entières, ce qu’elle ne peut pas faire.

Le remède est modeste. Un relevé mensuel par salarié, daté, avec les journées travaillées, les jours de repos qualifiés et un cumul. Douze pages par an et par personne, conservées trois ans.

Deux documents, une seule grille

Le compte rendu client

Il part chez le donneur d’ordre, il déclare des journées vendues et il déclenche une facture. Il porte deux signatures et se conserve dix ans comme pièce comptable.

Le document de contrôle

Il reste dans l’entreprise, il décompte des journées travaillées au sens du droit du travail et il prouve le respect d’un forfait. Il se tient à la disposition de l’inspection du travail pendant trois ans.

Un consultant en régie au forfait jours produit les deux. Le même mois, les mêmes journées, deux documents et deux destinataires. Les confondre expose des informations contractuelles au client, ou prive l’entreprise de la pièce qu’un contrôle lui demandera. Les tenir séparés ne coûte rien puisque la grille est la même, et c’est ce que rappelle la distinction entre jours vendus et temps de travail.

ByUsage Sheet produit cette grille mensuelle, une page par personne, avec les journées datées, les demi-journées, les motifs de chaque jour non travaillé et un total. Le document sort en PDF, donc figé et daté, ce qu’un tableur partagé ne sera jamais. Pour un salarié en heures, en revanche, le décompte reste horaire, et ce qui sépare la feuille de temps du compte rendu explique pourquoi les deux documents ne se remplacent pas.

Questions fréquentes

Le forfait jours dispense-t-il de décompter le temps de travail ?
Non. Il dispense du décompte horaire, pas du décompte. L’article L. 3121-65 du code du travail impose un document de contrôle faisant apparaître le nombre et la date des journées ou demi-journées travaillées. Ce document peut être renseigné par le salarié, sous la responsabilité de l’employeur.
Combien de jours compte un forfait jours ?
218 jours au plus, journée de solidarité comprise, sauf renonciation à des jours de repos qui permet d’aller au delà avec une majoration de salaire d’au moins 10 %. À défaut d’accord, le nombre maximal de jours travaillés est alors de 235.
Que risque un employeur qui ne tient pas ce document ?
La convention de forfait est privée d’effet. Le salarié repasse au décompte horaire de droit commun et peut réclamer le paiement des heures supplémentaires accomplies, dans la limite de la prescription. Le document de contrôle est donc la première pièce demandée en cas de contentieux.
Un tableur suffit-il comme document de contrôle ?
Rien ne l’interdit. En pratique il prouve mal, parce qu’il se modifie après coup sans laisser de trace et qu’il n’est ni daté ni validé. Un relevé mensuel figé, daté et conservé sur trois ans se produit devant un juge. Un classeur partagé se discute.

Le compte rendu de toute votre équipe, en PDF prêt à signer.

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