La convention collective et son IDCC, comment les trouver.
L’IDCC. Le code d’activité qui ne suffit pas à le déterminer. Les cinq endroits du bulletin où la convention collective impose sa règle. Et ce qui se passe le jour où un avenant est signé.
8 min de lectureÉcrit par l’équipe ByUsage
390
conventions collectives
libellées dans la base Kali du ministère du Travail
738
IDCC déclarés
relevés dans le fichier SIRET vers IDCC de data.gouv
La convention collective est la ligne la plus discrète du bulletin de paie et la plus lourde de conséquences. Elle décide du salaire minimum applicable. De l’existence d’une prime d’ancienneté. De la durée d’un préavis. Et de ce que touche un salarié en arrêt de travail. Se tromper de branche, c’est produire des bulletins faux pendant des mois sans qu’aucun contrôle automatique ne le remarque.
Et pourtant, la question la plus fréquente en entreprise reste celle du départ. Laquelle s’applique chez nous, et où trouver son numéro. Voici comment on détermine réellement sa convention collective. À quoi sert l’IDCC. Et ce qui se passe le jour où la branche signe un avenant.
Ce n’est pas le code APE qui décide de la convention applicable, c’est l’activité réellement exercée.
Le code APE, ou code NAF, est attribué par l’Insee à des fins statistiques au moment de l’immatriculation. Il n’a aucune valeur juridique pour désigner une convention collective. Les juridictions l’examinent comme un indice, jamais comme une preuve. Une entreprise qui applique la mauvaise branche ne peut pas se retrancher derrière son code d’activité.
Le critère est l’activité principale réellement exercée. Quand l’entreprise en a plusieurs, on retient celle qui pèse le plus. Mesurée par le chiffre d’affaires pour une activité commerciale, par l’effectif pour une activité industrielle. Un établissement dont l’activité diffère nettement de celle du siège peut relever d’une autre convention collective. Cela arrive dès qu’une entreprise ouvre un site de production ou une filiale d’un autre métier.
Dernier cas, celui de l’application volontaire. Un employeur qui applique une convention collective à laquelle il n’était pas tenu se l’oppose à lui-même. Il suffit de la mentionner sur les bulletins et d’en appliquer les règles. Il ne peut plus l’abandonner sans passer par une dénonciation en bonne et due forme. Cocher une branche au hasard pour faire tourner un logiciel n’est donc pas une case à remplir, c’est un engagement.
L’IDCC, et les cinq endroits où le lire
L’IDCC est l’identifiant de convention collective, un nombre à quatre chiffres attribué par le ministère du Travail. L’IDCC sert de clé partout où la branche doit être désignée sans ambiguïté. Deux conventions peuvent porter des intitulés très proches. Le numéro, lui, ne trompe pas.
- Sur le bulletin de paie, où l’intitulé de la convention est une mention obligatoire
- Dans le contrat de travail et dans la notice remise à l’embauche
- Sur Légifrance, qui publie le texte consolidé de chaque convention et de ses avenants
- Dans le fichier SIRET vers IDCC publié en accès libre sur data.gouv
- Dans la DSN, qui transporte l’identifiant tous les mois pour chaque contrat
Les deux chiffres du haut de page méritent une explication. Le ministère du Travail libelle 390 conventions dans sa base Kali. Les entreprises françaises, elles, déclarent 738 identifiants différents dans le fichier public qui relie les SIRET aux IDCC. L’écart tient aux textes anciens, aux conventions régionales, aux accords qui ne sont plus mis à jour. Des entreprises continuent pourtant de les déclarer. Un logiciel de paie doit donc savoir reconnaître un code qu’il ne sait pas nommer, plutôt que de le refuser.
Les cinq endroits où la branche décide à la place de la loi
- Le minimum et la classification
- Une grille de salaires minimaux par position et par coefficient, que le SMIC ne remplace pas. Un salarié classé au mauvais coefficient est payé sous son minimum sans que rien ne le signale. Le rappel se réclame sur trois ans.
- La prime d’ancienneté
- Le code du travail n’en prévoit aucune. Son existence, le seuil d’ancienneté qui la déclenche, son taux et son assiette viennent entièrement de la branche. C’est la ligne conventionnelle la plus souvent oubliée lors d’une reprise de dossier.
- Les congés pour événements familiaux
- La loi fixe un plancher pour un mariage, une naissance ou un décès. La convention fait presque toujours mieux, et c’est elle qui s’applique dès qu’elle est plus favorable.
- Le préavis et les indemnités de rupture
- Les durées de préavis par catégorie et l’indemnité de licenciement sortent le plus souvent de la branche. Avec des montants supérieurs au minimum légal. Une erreur ici se paie au moment le plus mal choisi.
- Le maintien de salaire pendant un arrêt
- La loi prévoit un complément employeur après une condition d’ancienneté et un délai de carence. Beaucoup de branches raccourcissent la carence, montent le taux, et vont parfois jusqu’au maintien intégral dès le premier jour.
Le principe qui gouverne tout cela tient en une phrase. La convention s’applique quand elle est plus favorable au salarié que la loi, et la loi reprend la main quand elle l’est davantage. C’est pour cette raison qu’un minimum conventionnel passé sous le SMIC après une revalorisation ne s’applique pas. C’est le SMIC qui vaut, jusqu’à ce que la branche renégocie sa grille. Toutes ces règles se retrouvent ensuite sur le document lui-même, décrit dans la lecture d’un bulletin de paie rubrique par rubrique. La branche décide aussi de l’organisation du temps de travail, et c’est un accord collectif qui autorise le forfait annuel en jours et le décompte qu’il impose.
Le jour où la branche signe un avenant
Un accord de branche ne lie d’abord que les employeurs adhérents aux organisations signataires. C’est l’arrêté d’extension, publié au Journal officiel, qui le rend applicable à toutes les entreprises entrant dans son champ. Entre la signature et l’extension, il s’écoule souvent plusieurs mois. Pendant ce temps, deux entreprises du même secteur n’ont pas les mêmes obligations.
Le piège est ailleurs. Un avenant peut prévoir une date d’effet antérieure à son extension, en particulier pour une revalorisation de grille. L’entreprise doit alors des rappels de salaire sur des mois déjà déclarés. Avec les cotisations et les déclarations correspondantes à régulariser. Ce n’est pas une hypothèse d’école, c’est le cas courant sur les minima.
Suivre ces textes est un travail permanent, pas une mise à jour annuelle. Il faut lire les avenants publiés, savoir lesquels concernent vos IDCC, en tirer les nouvelles valeurs et les appliquer à la bonne date. C’est exactement ce qu’un employeur achète quand il achète un logiciel de paie, et c’est pourtant la ligne la plus souvent vendue en option ou laissée floue dans un contrat. Comment lire une grille tarifaire de logiciel de paie détaille où cette veille se cache dans les devis.
La veille conventionnelle est le deuxième des sept critères à vérifier avant de choisir, juste après le dépôt de la déclaration.
Ce qu’un IDCC faux produit, concrètement
L’identifiant part chaque mois dans la déclaration sociale nominative, pour chaque contrat. Un code obsolète ou inexistant fait partie des anomalies les plus fréquentes au dépôt, et il ne se corrige pas dans la déclaration. Il se corrige dans la fiche du salarié, faute de quoi il revient le mois suivant. Ce que transporte la DSN mensuelle et comment elle est contrôlée explique pourquoi une donnée d’identité mal renseignée bloque une chaîne entière plutôt qu’une seule ligne.
Du côté du calcul, les effets sont plus sournois. Un minimum non appliqué ne déclenche aucune alerte, un salarié sous-payé ne le voit pas toujours, et le rappel se réclame sur trois ans, majoré des cotisations. C’est la raison pour laquelle le paramétrage de la convention est la première chose à vérifier lors d’une reprise de dossier, avant même la reprise des cumuls. ByUsage Pay détecte l’IDCC à partir de l’établissement et tient la convention collective à jour à chaque avenant. Jamais en option de la grille tarifaire.
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